Une barque et un melon
Je viens tout juste de raconter la mort du Caravage à Belle brute.
C'est une plage, il vient de rentrer de là où il vient (je crois que c'est Venise, mais à mon avis je confonds avec Casanova), il est prêt à vivre une vie un peu honorable, lui qui a traîné avec la lie de la terre (la vie la plus intéressante, mais il n'y a pas d'eau chaude tous les jours). Il a ses affaires (pas beaucoup) sur une sorte de barque. Il est plutôt satisfait, il s'endort. À son réveil, la barque a disparu, sans doute mal attachée. Il la cherche partout en parcourant la rive, s'énervant de plus en plus. Jusqu'à mourir, de colère, près de sa ville natale.
Et aujourd'hui, j'ai offert un melon à deux clochards de ma rue qui n'avaient pas vu de fruit depuis longtemps, et qui se demandaient sûrement ce que je voulais (je me suis imaginée apparaissant dans un rayon de soleil, tendant un melon en contre-jour) ; ils ont dû me remercier après, si jamais ils ont pensé à le manger.
Il n'y a pas grand-chose d'utile, mais : se battre contre la laideur.