Mardi 28 août 2012 2 28 /08 /Août /2012 19:50

Trois journées contemplatives sur les gradins brinquebalant du world skate contest de Prague cet été. À la fin de l'après-midi du deuxième jour, cinq skaters s'entraînaient dans le bowl aux pentes vertigineuses, se laissant courtoisement la place et respectant scrupuleusement l'ordre des passages. Les skaters sont la quitessence du cool : sportifs mais punk, sponsorisés mais un peu crades, ils traversent les océans mais peuvent repasser mille fois sur un handrail.

Un jeune homme semblait différent des autres. Il était grand et manquait de souplesse, avait l'air d'un puceau alors que les autres sentaient la sueur, le teint pâle parmi les visages brunis par la poussière et le soleil des grandes villes. C'était un moment de jeu gratuit, la sélection du lendemain venait d'être annoncée et lui ne faisait pas partie des finalistes. Son air têtu et sérieux était un peu triste. Tenace et concentré il répétait une figure jusqu'à la maîtrise totale, puis passait à une autre plus difficile.  Un homme plus âgé est venu le chercher alors que son tour approchait et qu'il se tenait au bord du bowl. Il a baissé la tête et compris qu'il était temps de partir. Il a pris son sweat-shirt à capuche et a suivi l'homme, qui n'avait pas l'air de rigoler. Soudain maladroit, lui qui était un des seuls à passer l'arête la plus vive sans perdre de vitesse, il s'est retourné une dernière fois pour faire un signe, ce n'était pas son genre de lancer un salut désinvolte. Il n'a croisé le regard de personne, son signe s'est perdu dans le vide. Il s'est encore un peu penché et il a disparu.

Par jenevousaimeplus.over-blog.org
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 août 2012 5 24 /08 /Août /2012 21:39

Le savon d'Alep bio.

Par jenevousaimeplus.over-blog.org
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 20 août 2012 1 20 /08 /Août /2012 20:37

Aujourd'hui : "pas de soucis".

Cette expression est apparue dans ma vie, sous sa forme récurrente, il y a quelques années. Je me souviens qu'alors c'était soeurette, ma parisienne, qui l'employait, souvent au téléphone. Je trouvais ça presque chic, comme une bizarrerie ethnologique. C'était le monde de Paris, c'était le monde de l'art, c'était le monde des mondains - et puis, c'était surtout le monde de ma soeur, qui a bon goût.

Je pense que c'est ce qui a plu à tout le monde : le côté chic, urbain, civilisé, vingt-et-unième siècle - c'est une expression qui te donne l'impression de bosser dans le tertiaire, certes, mais un tertiaire sublimé, un tertiaire où on a le temps de prendre un café.

Et "pas de soucis" s'est répandu à la vitesse de la lumière, d'abord dans le jargon des attachées de presse et assimilé(e)s, puis dans celui des employé(e)s de bureau, et puis, partout.

Un matin, alors que je lui demandais du tabac, le buraliste du quartier m'a répondu "pas de soucis", et dans ma tête j'ai fulminé pourquoi il y aurait un souci, débile (je dis débile, ce n'est pas gentil, mais cet homme est crispant d'enthousiasme) (et en plus il est chavue) (je sais ça n'a rien à voir) (mais à l'instant j'ai visualisé son visage et ça m'a, comment dire, crispée), tu vends du tabac et j'en achète, il serait où le putain de problème souci ?

Depuis je m'interroge souvent (j'e m'accorde le luxueux privilège de perdre mon temps à réfléchir à des problèmes essentiels) sur cette montée de colère matinale et sur le pouvoir de "pas de soucis".

C'est d'abord que les gens qui l'utilisent donnent soudain l'impression de jouer dans une pub pour un opérateur téléphonique, ou pour une boîte d'assurance, ils sont soudain à l'écoute d'un contremaître des open-space : Il faut donner à ton client l'impression que tu gères ses problèmes, que ses ennuis vont très vite se terminer, et ça grâce à toi, et tout ça pour la modique somme de 3,22 € la minute. Donc, Ludo, je peux t'appeler Ludo ? - Non, moi c'est Rachid. - Non, écoute ici, on te l'a déjà dit, tu es Ludovic Tellier. Donc Ludo, tu fais le mec cool, responsable, qui en a vu d'autres, tu captes ?

"Pas de soucis" transforme n'importe qui en travailleur de call-center.

Avec "pas de soucis", c'est aussi comme si les gens se préparaient à passer à la télé, à sourire à Nagui. Je dois manger du caca pour gagner 60 € ? Pas de soucis !

"Pas de soucis" a la saveur de la bourgeoisie quand on n'a pas de quoi partir en vacances. Et en plus c'est gratuit.

"Pas de soucis", c'est comme avoir une grosse bagnole, une belle baraque.

C'est le doudou du prolo intégré.

Qui permet de dire oui.

OUI.

JE FERME MA GUEULE.

PAS DE SOUCIS.

 

 

 

 

 

Par jenevousaimeplus.over-blog.org
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 20:48

Je travaille

Tu travailles

Il travaille

Nous travaillons

Vous travaillez

Ils travaillent

 

Et pendant ce temps-là, elles se font les ongles, je suppose.

Par jenevousaimeplus.over-blog.org
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 21:15

La radio étant la seule chose qui m'arrive ces jours-ci, je n'aurai qu'une chose à répéter : trop de gens crient au secours. Un Grec qui parlait français nous a demandé de ne pas les oublier ; des femmes de la "classe moyenne" tellement en vogue ces temps-ci parlaient de leur vie qui s'étrécit. L'argent. On sait pourtant d'où il vient, et où il devrait aller. Un petit tour là (link) et on sait même où aller prendre les otages.

Par jenevousaimeplus.over-blog.org
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Septembre 2014
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés